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Francisco Jimenez

Francisco Jimenez

I believe every maker has their own style, qualities, and strengths. When it comes to my work, my ultimate goal is to achieve beauty of sound.
Born1997
NationalitySpanish

Biographie:

Francisco Jimenez est né à Grenade, en Espagne, en janvier 1997. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour la musique et l'artisanat. À 17 ans, animé par le désir de construire une guitare pour son frère aîné (guitariste de flamenco), il entreprend un apprentissage autodidacte de la lutherie. Parallèlement, il suit des études de musicologie et obtient un diplôme de technicien du son. Durant ces années, il a l'opportunité d'observer et d'étudier certaines des guitares les plus importantes de l'école espagnole, ce qui influence profondément son style, dans la tradition des grands luthiers du passé. Il cite Antonio de Torres, Santos Hernandez et Marcelo Barbero comme ses principales influences. Après plusieurs années de pratique, Francisco Jimenez remporte le premier prix pour sa guitare classique (et le troisième prix pour sa guitare flamenco) lors du prestigieux sixième Concours international de lutherie Antonio Marin Montero, qui s'est tenu à Grenade, en août 2023.

Entretien avec Francisco Jimenez

GSI : Quels autres créateurs vous inspirent ?

FJ : Au fil des ans, j’ai eu l’occasion de jouer et d’étudier de nombreux instruments de grands luthiers. Cependant, les guitares qui ont le plus profondément marqué mon parcours et ma façon de les luther sont celles d’Antonio de Torres et de l’école madrilène du soi-disant âge d’or, que je situe dans la première moitié du XXe siècle.

Des luthiers comme Manuel Ramírez, Santos Hernández, Domingo Esteso, Modesto Borreguero et Marcelo Barbero ont exercé une influence considérable sur moi. Ces guitares possèdent à mes yeux un timbre et une qualité exceptionnels : un son unique, presque magique, empreint de poésie. Chaque fois que je découvrais des instruments de ce genre, ils orientaient clairement mon travail. Je me souviens avoir pensé : « Voilà le type de guitare que j’aime, voilà ce que je veux faire. »

GSI : Quelles sont les qualités les plus importantes pour vous dans une guitare ?

FJ : Pour moi, la qualité la plus importante d’un instrument est le confort. Mais le confort, tel que je le conçois, va bien au-delà des aspects plus prosaïques que nous définissons habituellement, comme l’action, la forme du manche ou la longueur du diapason.

Pour moi, le confort est une notion bien plus vaste. Il englobe la réactivité de l'instrument, les sensations sous les doigts, son élasticité, ses possibilités expressives et sa dynamique. En fin de compte, il s'agit de créer un instrument qui inspire le jeu et qui ne devienne jamais un obstacle à l'expression du guitariste.

GSI : Où avez-vous appris à fabriquer des guitares ?

FJ : J’ai appris le métier en autodidacte. La guitare a toujours été présente chez moi — mon frère est guitariste de flamenco — c’est donc un instrument avec lequel j’ai grandi en étant très familier.

Le fait d'être originaire de Grenade a également joué un rôle important. J'étais en contact étroit avec les luthiers locaux, et je me souviens, enfant, de parcourir les rues, de m'arrêter devant les vitrines des ateliers, de regarder à l'intérieur avec un grand respect et une profonde admiration pour le travail qui s'y accomplissait.

Finalement, j'ai décidé de fabriquer une guitare pour mon frère. Dès lors, j'ai commencé à prendre l'étude de la lutherie au sérieux. J'ai commencé par rassembler tous les livres que je pouvais trouver, par chercher des informations en ligne et par poser des questions précises sur la construction à des luthiers. Petit à petit, j'ai construit ma première guitare.

L'étude des guitares historiques a été un tournant décisif, car elle a véritablement orienté mon parcours. Observer ces instruments, comprendre leur fabrication et tenter d'imaginer les choix techniques d'un maître luthier a été une expérience profondément formatrice. J'ai le sentiment que, même sans les avoir connus personnellement, ces luthiers m'ont légué de nombreux enseignements à travers leur travail.

GSI : Combien de modèles proposez-vous ?

FJ : Actuellement, je travaille avec trois modèles différents. Tout d’abord, mon modèle personnel, une conception originale avec laquelle j’ai remporté le concours en 2023. Je réalise également des copies historiques. L’une d’elles est une copie de Torres, basée sur le gabarit de la SE 114. Cet instrument a appartenu au guitariste Francisco Tárrega. Par ailleurs, je fabrique une copie historique d’une Marcelo Barbero de 1953. Il s’agit d’une guitare remarquable issue de la collection privée d’un ami, que j’ai eu le plaisir d’étudier à de nombreuses reprises. Cet instrument est devenu une référence importante pour moi et a profondément influencé mon style, inspirant et guidant mon travail.

GSI : Qu’est-ce qui, selon vous, rend vos guitares si particulières ?

FJ : Je crois que chaque luthier possède son propre style, ses qualités et ses points forts. En ce qui me concerne, mon but ultime est d’atteindre la beauté du son. Je veux construire une guitare que le musicien ne voudrait plus quitter, et que l’auditeur ne voudrait plus quitter.

GSI : Qu’est-ce qui continue de vous surprendre dans l’atelier ?

FJ : Le bois est toujours une surprise. On a beau le comprendre, chaque pièce reste unique. Dans mon travail, je laisse place à l’intuition. Je crois que c’est une dimension essentielle et profondément humaine du processus, et c’est pourquoi il doit s’instaurer une sorte de dialogue entre l’artisan et le bois. Même si le résultat final est globalement similaire – et bien sûr, la constance dans la qualité du travail est primordiale –, la sonorité de la guitare est façonnée par de nombreux facteurs. Parmi eux, le choix du bois, sa découpe et son travail. Je pense que c’est ce qui, en fin de compte, confère à chaque guitare une valeur humaine et unique. Chacune a sa propre voix.

Guitars by Francisco Jimenez